Traite d’êtres humains : un fléau global  qui touche Madagascar

  • 6 juillet 2024

La traite des êtres humains est un crime odieux qui demeure largement méconnu et insuffisamment discuté. Pourtant, il affecte des millions de personnes dans le monde entier, y compris à Madagascar, où des cas alarmants de production de vidéos pornographiques impliquant des enfants ont été enregistrés en 2023.

La traite des êtres humains est définie par les Nations Unies comme le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, de fraude, de tromperie, d’abus d’autorité ou de situation de vulnérabilité, à des fins d’exploitation. L’exploitation inclut la prostitution d’autrui, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues, et le prélèvement d’organes.

Dans le monde, des millions de personnes sont victimes de la traite chaque année. La majorité sont des femmes (51%) et des enfants, exploités à des fins sexuelles ou économiques. Les trafiquants opèrent souvent dans des réseaux internationaux, exploitant les vulnérabilités des individus et des communautés touchées par la pauvreté, les conflits ou les catastrophes naturelles.

La traite des être humains enregistre un profit de 150 milliards de dollars par an dans le monde.

À Madagascar, le problème est particulièrement préoccupant. En 2023, environ 90 000 vidéos pornographiques impliquant des enfants ont été produites, illustrant l’ampleur de l’exploitation sexuelle des mineurs. Cette situation alarmante met en lumière la nécessité de renforcer les efforts de prévention et de répression de ce crime odieux.

Madagascar dispose de lois visant à lutter contre la traite des êtres humains. La loi n°2014-040, adoptée en 2014, incrimine spécifiquement la traite des personnes et prévoit des peines sévères pour les trafiquants. Cependant, l’application de cette législation reste un défi majeur en raison de la corruption, du manque de ressources et de la sensibilisation limitée a ajouté le secrétaire exécutif du Bureau National de la Lutte contre la Traite des Êtres Humains (BNLTEH), Eric Ramahandrisoa lors d’un partage d’information avec les journalistes le 4 juillet à Anosy.

Pour combattre efficacement la traite des êtres humains à Madagascar, plusieurs mesures sont nécessaires. Pour cela, le SE du BNLTEH a fait appel à tous les, gouvernements, les autorités locales, à tous les journalistes , la Société civile ainsi qu’à tout le monde de l’accompagner dans cette lutte. Il a insisté sur le renforcement  des capacités des forces de l’ordre et du système judiciaire pour mieux détecter, enquêter et poursuivre les trafiquants. A part cela, le bureau entamera à des campagnes de sensibilisation auprès surtout de la population locale pour l’ informer  sur les dangers de la traite et les moyens de s’en protéger. Lors de la journée internationale de la traite des humains du 29-30 et 31 juillet aura lieu à Nosy -be Hell ville des journées de descente de sensibilisation. Les victimes doivent bénéficier d’un soutien adéquat, incluant des soins médicaux, une aide psychologique et des opportunités de réintégration.

La traite des êtres humains est une réalité tragique qui nécessite une attention urgente et une action concertée. À Madagascar, comme ailleurs, il est impératif de renforcer les efforts pour protéger les plus vulnérables et éradiquer ce fléau. Le combat contre la traite des êtres humains est une responsabilité collective, impliquant les gouvernements, les organisations internationales et la société civile.

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Sissie Raveloson