Economie

Tourisme : Nosy Be se prépare déjà à la « réouverture »

La « réouverture » des frontières prévue et annoncée le 25 août par le président de la République lors de sa participation à la rencontre des entrepreneurs francophones à Paris, en France, à partir du mois d’octobre représente un nouvel espoir pour les acteurs du tourisme à Nosy Be. Ils s’attendent à un nouveau souffle dans leurs secteurs d’activités : réouverture des frontières signifient retour des vols internationaux, arrivée des touristes étrangers, reprise des activités et mise en marche de l’économie, pratiquement en berne depuis mars 2020, première apparition de l’épidémie de Covid-19.

« Tout le monde attend beaucoup de cette réouverture », confirme le maire de la commune urbaine de Nosy Be, Vita Gilbert. Après la fermeture de l’usine de sucrerie de Dzamandzar qui faisait le renom de l’île aux Parfums et qui constituait la principale source de revenus de la population, le tourisme est devenu l’activité principale des Nosybéens et est devenu même la vocation première de cette localité. Les marchands de légumes auprès desquels les grands hôtels effectuent leurs approvisionnements, comme les transporteurs y trouveront leur compte une fois que les activités reprennent normalement, rassure le premier magistrat de la ville.

 

Les grands hôtels ont fermé leurs portes

Depuis l’apparition de l’épidémie à Madagascar en 2020, notamment depuis la deuxième vague au mois de mars de cette année, la plupart des opérateurs touristiques de Nosy Be, particulièrement les infrastructures hôtelières et les restaurants ont été contraints de fermer leurs portes à l’exception d’une petite poignée d’entre eux. Le directeur exécutif de l’Office du tourisme de Nosy Be, Géraldo Randrianjafinirina, révèle que les moyens comme les grands hôtels ont dû fermer boutique.

L’île aux parfums compte six hôtels « quatre étoiles » dont la moitié n’ont repris service qu’à la veille du festival Somarôho cette année, c’est-à-dire avant la semaine du 23 août. Le reste comme le plus célèbre Andilana Beach reste encore fermé.

L’office du tourisme de Nosy Be révèle que 80% des infrastructures hôtelières de taille moyenne ont également rouvert leurs portes à la veille du festival, si 90% d’entre eux ont dû fermer depuis la deuxième vague de l’épidémie. À cause de l’épidémie de Covid-19, le festival Somarôho comme son ainé le festival Donia qui a auparavant a fait la réputation de la Grande île, n’ont pas pu avoir lieu.

Le festival Somarôho, précurseur du tourisme local

Cette année, grâce à une fructueuse collaboration des autorités nationales, le festival de Wawa a pu avoir lieu et quelques artistes évoluant sur la scène internationale, notamment en France, ont pu rentrer au pays pour apporter leur contribution au succès de la manifestation. C’est le cas de Goulam. Les célébrités nationales comme Ambondrona, Stéphanie, Janga Ratah et Jior Shy ne sont pas en reste. Une foule d’assistance, composée essentiellement de spectateurs nationaux avec des résidents, étrangers et malgaches, de Nosy Be, avec l’envie de replonger dans la fête, s’y est rendue en grand nombre.

Cet événement culturel et artistique de Nosy Be, initié par l’artiste natif de l’île, Wawa, est considéré comme le précurseur du tourisme sur l’île. L’affluence des touristes nationaux comme internationaux est souvent importante dans le cadre de l’événement qui correspond à la période des vacances dans le pays.

L’après-Somaroho reste alors incertain pour eux si la réouverture des frontières n’est pas assurée. Pour les restaurants de Hell-Ville, la situation est plus dramatique, car ils ont passé les clés sous le paillasson à l’exception de la Casa Mofo, situé en plein centre-ville.

Maintenir les activités

Aly, le père de la gérante de la Casa Mofo, nous explique que la structure s’est efforcée d’ouvrir ses portes depuis mars 2020 jusqu’à nos jours pour éviter que sa clientèle composée des résidents et des touristes internationaux n’en souffre pas. « Certes avec la fermeture des frontières nous avons perdu nos clients étrangers et le taux d’occupation des sièges a été réduit à plus de la moitié.

Ce restaurateur nous confie que le marché actuel n’atteint que 45% de celui de 2019, il n’accuse ni perte ni bénéfice, mais tente de maintenir ses activités à flot. En situation normale, ses 120 chaises ne suffisent pas le temps d’une journée d’un week-end. À l’heure actuelle, même pas la moitié de ses tables n’ont été remplies. « C’est un moment très difficile, mais nous essayons de tenir debout pour nos clients et pour l’ensemble du personnel qui fort heureusement n’a pas subi une baisse de salaire malgré l’épidémie », explique Aly.

Nosy Be et ses attraits touristiques

Nosy Be ne manque pourtant pas d’atouts et d’attraits touristiques grâce ses nombreuses stations balnéaires et ses sables blancs (Andilana, Nosy Iranja ou encore Nosy Tanikely), à l’état sauvage ou aménagé, propices à toutes les activités touristiques en famille ou entre amis. Ses réserves naturelles, marines de Nosy Tanikely ou encore les fameuses tortues géantes marines de Nosy Sakatia, ou sa cousine terrestre de Nosy Komba, constituent des attraits particuliers.

À cela s’ajoute la variété gastronomique locale qui fait la renommée de cette île aux Parfums. Le nombre des infrastructures d’accueil, très variées, correspondant à toutes les bourses et répondant à certaines normes de qualité internationale, n’est pas en reste. Il y a également cette ambiance festive de certains quartiers ou localités très animés, comme à Ambatoloaka avec ses bars, restaurants et night-club.

Les acteurs touristiques se préparent à la reprise

Avec l’espoir d’une réouverture bientôt, les acteurs touristiques se sont préparés à tout. « Il y a déjà eu la campagne de vaccination et les acteurs du tourisme se faisaient déjà vacciner que ce soit avec les deux doses de Covishield et d’Astrazeneca ou encore avec le vaccin Janssen », assure le Directeur exécutif de l’Office du tourisme de Nosy Be. 75% d’entre eux, se sont déjà fait vacciner en attendant la réouverture. En sont concernés le personnel des infrastructures hôtelières, les guides touristiques, les conducteurs de bateaux…

D’importantes structures hôtelières continuent par ailleurs des travaux d’extension de leurs infrastructures d’accueil à Andilana, étant donné que le tourisme est un investissement sûr dans la ville de Nosy Be. Ce, malgré la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19. La mairie, elle, poursuit les opérations de sécurisation des frontières, avec ses propres organisations au niveau des quartiers, pour éviter les intrusions clandestines qui peuvent être une source d’arrivée de l’épidémie de Covid-19 sur l’île.

Quid des infrastructures routières

Le seul bémol reste la qualité de l’infrastructure routière qui peut constituer un frein pour le développement du tourisme local. Mais le maire de la ville de la Nosy Be estime que dès que la réouverture des frontières aux vols internationaux est confirmée, les gens qui sont actuellement très préoccupés par leur survie vont pouvoir collaborer et prêter main-forte aux autorités locales pour y remédier.

La contribution du gouvernement qui entend faire de Nosy Be une ville pilote du tourisme à Madagascar, par le biais des ministères de tutelle, à savoir le ministre des Travaux publics et le ministère du Tourisme, est également attendue. En effet, les grands travaux d’urgence sur cet axe nord de Madagascar restent localisés au niveau notamment de la RN6, entre Antsohihy et Ambanja ainsi que sur la route qui mène vers le port d’Ankify. À cela s’ajoutent les artères locales, reliant le centre-ville de Nosy Be à ses belles plages des périphéries.

 

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