Résultats de l’évaluation de la transparence budgétaire de Madagascar : Note insuffisante des indicateurs.

  • 5 juillet 2024

Les notes globales de Madagascar sont presque toutes insuffisantes, en dessous du seuil respectable en termes d’ouverture et de transparence budgétaire selon les résultats d’évaluation rapportés par l’OSC MSIS TATAO, en partenariat avec International Budget Paternelle (IBP) et avec la collaboration institutionnelle du ministère de L’économie et des Finances.

En substance, la note de Madagascar sur la transparence budgétaire est de 39/100, indiquant que les documents budgétaires ne sont pas suffisamment ouverts et publiés par les autorités responsables et concernés. La note la plus basse est celle concernant la participation publique dans les processus budgétaires avec une note de 9/100, la note la plus basse comparée aux autres pays dans la région Australe et à L’Est de L’Afrique inclue dans une fourchette de 47/100 à 83/100. En matière de participation publique, L’Afrique du Sud est à ce jour un pays champion en termes d’ouverture et de participation publique aux processus budgétaire, obtenant  le score de 83/100.

La performance de Madagascar sur la capacité des institutions de contrôle budgétaire est évaluée à 31/100. L’institution qui est la plus pointé du doigt en termes de contrôle budgétaire est l’Assemblée nationale. Les commentaires exprimés durant la présentation des résultats ont été les plus acerbes concernant le niveau d’assiduité et de sériosité des députés aux  débat et de contrôle.

La Cours des comptes a quant à elle reconnaît sa faible performance en terme de contrôle précisant néanmoins que la responsabilité sur le retard de rapport sur l’utilisation du budget de l’État revient également au gouvernement, notamment au ministère de l’Économie et des Finances. L’actuel président de cette haute instance judiciaire en matière de contrôle, Rakotondramihamina Jean de Dieu, déplore également le manque de garantie d’indépendances institutionnelle, fonctionnelle et financière qui devrait revenir légitimement et légalement à la Cour des comptes. Ce manque d’indépendance est un véritable handicap dans la sérénité de l’exercice de contrôle selon ce président. La portée et la pertinence du principe de transparence et d’ouverture budgétaire sont résumées en trois questions essentielles : qui dépense le budget ? Pour quoi on dépense? et qu’est-ce qu’on dépense et quel est la politique publique derrière chaque dépense ? C’est dans cet esprit que l’évaluation trouve son essence afin de mesurer l’efficacité et l’efficience dans chaque élaboration du budget.

Cette évaluation donne clairement l’accès aux informations sur le niveau de priorité que l’Etat accorde dans chaque budget : répond-il aux attentes et aux préoccupations ainsi qu’aux besoins réels de la population? Les recommandations ont été claires concernant la faible performance des autorités budgétaires malagasy : Madagascar peut et doit mieux faire malgré les efforts déjà accomplis.

L’évaluation de la transparence et d’ouverture budgétaire se fait tous les 2 ans et Madagascar en son quatrième cycle. Cette évaluation a commencé en 2017 avec la note 34/100- 40/100 en 2019- 27/100 en 2021 pour rebondir en 39/100 en 2023.

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Haga Rajaonaly