Réhabilitation par la CASEF du pont d’Ivoloina : les localités environnantes reprennent souffle

  • 14 mai 2024

L’ancien pont a été littéralement détruit suite au passage du cyclone Gafilo en mars 2004 et depuis, les usagers de cette partie nord-ouest de la ville de Toamasina, région d’Atsinanana, ont souffert de l’isolement quasi-permanent. Les producteurs de produits de rentes tels que le café, cannelle, girofle vanille et litchis sont notamment ceux qui ont été affectés sur le plan économique. La réhabilitation du pont et celle d’une route rurale longue de 13 km ont ainsi apporté des changements considérables selon les enquêtes de la Banque mondiale auprès des ruraux bénéficiaires.

La reconnections de la partie nord-ouest de cette région à la ville portuaire a permis d’augmenter le volume de produits à commercialiser, les revenus des paysans agriculteurs, le rendement de chaque voyage qui est actuellement accompli en trois heures de temps si auparavant celui-ci nécessitait une journée entière, là encore si le climat est clément, selon les indications recueillies par la Banque mondiale auprès des ruraux empruntant cette route.

« Ce sont les agriculteurs de l’autre côté de la rivière qui ont le plus souffert. Ils se sont tournés vers les « zahatra » – des pirogues traditionnelles en bambou – et des barges de fortune pour transborder leurs produits de l’autre côté de la rivière. Inévitablement, les volumes commercialisés se sont effondrés, tout comme les revenus des agriculteurs ».

La reconstruction du pont de Nosibe, Ivoloina, a été financée par le projet CASEF, un projet du gouvernement malagasy, bénéficie de l’appui de la Banque mondiale. Depuis son lancement en 2016, CASEF a financé et appuyé plusieurs mesures comme la réparation et la reconstruction de 3 ponts et la réhabilitation de près de 100 kilomètres de routes rurales le long de la côte Est de l’île et dans les hauts plateaux du centre. Trois objectifs précis sont visés et financés par le projet : innovations, accès et sécurisations des terres ainsi que l’accès aux marchés afin de répondre aux questions qui taraudent le plus les agriculteurs et les paysans. Comment puis-je produire plus ? Comment puis-je vendre plus de ce que je produis ? Pourquoi investir dans mes terres si je ne suis pas sûr qu’elles m’appartiennent vraiment ? ».

Selon une étude comparative livrée par la Banque mondiale, la densité routière de Madagascar (587 041 km2) est parmi les plus faibles au monde, avec 6,4 km pour 100 km2 de terre en 2011 (contre 191,6 pour 100 km2 en France d’une superficie de 551 695 km2). Seuls 6 000 kilomètres de routes sont goudronnés sur un total de 32 000. L’indice d’accès rural, qui mesure la part de la population rurale vivant à moins de deux kilomètres d’une route praticable en toute saison, s’élève à 11 %, là encore parmi les plus bas au monde. La Banque mondiale est formelle dans sa conception de la situation routière à Madagascar, cette manque d’infrastructures empêche de nombreuses communautés agricoles rurales isolées d’accéder aux intrants et aux services agricoles et d’acheminer leurs produits vers les marchés.

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Haga Rajaonaly