“M’Iray “: Plaidoyer pour le plaisir et sante sexuelle  des personnes handicapées à Madagascar.

  • 31 mai 2024

Un combat pour le changement des mentalités. Le projet “M’Iray ” d’Autisme Madagascar a été  officiellement présenté ce 31 mai à Ambatomaro. Ce projet tient compte de l’inclusion et le respect des droits des personnes handicapées en matière de sexualité. En brisant les tabous et en promouvant une éducation inclusive, ce projet espère créer un environnement où chaque individu peut vivre sa sexualité de manière épanouie et sécurisée.

Selon l’initiateur du « M’Iray », pour les personnes en situation de handicap, notamment les autistes hyperactifs arrivés à l’âge de la puberté, la sexualité peut constituer une thérapie. La mise en place d’un espace adapté dans un Centre de Santé de Base de Niveau 2 (CSB2) pourrait devenir un droit pour ces personnes.

Ce projet vise à effectuer une campagne pour sensibiliser et former les personnes handicapées sur la santé sexuelle et le plaisir. L’initiative couvre plusieurs régions telles que Diana, Atsinanana, Menabe, Matsiatra Ambony, et Analamanga  avec pour objectif de briser les tabous et de promouvoir une approche inclusive de la sexualité. Elle se concentre sur le renforcement des capacités des personnes handicapées à travers des formations et des sensibilisations.

Un milliard d’individus, soit 15 % de la population mondiale, sont porteurs d’un handicap. La situation socio-économique des personnes handicapées est marquée par des inégalités comparé au reste de la population. Plus d’un enfant sur 10 présente un handicap à Madagascar. Les problèmes psychologiques (dépression, anxiété) sont les plus répandus, affectant 5.1% des enfants de 5 à 17 ans. Ceux-ci sont suivis des handicaps cognitifs, qui affectent entre 4.4% et 4.7% des enfants selon le rapport de l’UNICEF en avril 2022.

Ces personnes, notamment les filles, sont souvent exposées à des risques de violences physiques et doivent faire face à des défis importants pour accéder aux services de santé sexuelle et reproductive. Pour changer les perceptions et améliorer les services, une série de conférences-débat et de formations de formateurs seront organisées. Le projet vise à institutionnaliser le “mouvement pour la différence” et à intégrer des mesures concrètes dans la législation pour garantir l’accès universel aux services de santé sexuelle.

La santé sexuelle et reproductive des personnes en situation de handicap à Madagascar est encore négligée. Les personnes en situation de handicap font face à des obstacles majeurs, notamment la stigmatisation et le manque d’infrastructures adaptées.  Afin de sensibiliser le grand public, des manifestations pacifiques seront organisées dans les rues pour vulgariser la santé et le plaisir sexuels des personnes en situation de handicap. Une attention particulière sera accordée aux comportements normaux liés à la sexualité, tels que la masturbation, en insistant sur l’importance de l’éducation et du soutien des spécialistes. Le projet durera un an et demi.

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Sissie Raveloson