Madagascar : Modernisation des infrastructures et de la politique de télécommunications

  • 28 mai 2024

Tahiana Razafindramalo, ministre du Développement Numérique, des Postes et des Télécommunications, à l’occasion de la journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information a exposé les réformes majeures menées par le gouvernement pour améliorer les télécommunications à Madagascar. Avec le soutien de la société Internet et d’autres acteurs clés, ces réformes visent à rendre les systèmes de télécommunications et d’information plus accessibles et efficaces pour les Malgaches.

La libéralisation du secteur des télécommunications permet désormais aux utilisateurs de choisir librement leur réseau ou fibre optique, réduisant ainsi les coûts et augmentant le taux de connectivité. Le déploiement de câbles sous-marins, de fibres optiques, et de satellites contribue également à cette avancée significative vers une connectivité accrue.

Objectif gouvernemental : réduire les prix et améliorer l’accessibilité

Le gouvernement malgache s’efforce de réduire les prix de l’internet tout en incitant les opérateurs à investir localement. Toutefois, le coût élevé des matières premières importées, telles que la fibre optique, représente un défi. Actuellement, chaque kilomètre de fibre coûte entre 10 000 et 15 000 dollars, et il est prévu que chaque opérateur installe 5000 kilomètres de fibre à travers le pays.

Le prix plancher de l’internet, jugé inapproprié, a été supprimé récemment. La neutralité du net a également conduit à une révision des tarifs, établissant un plan tarifaire plus juste pour les consommateurs. Cette mesure vise à encourager la concurrence et à protéger les utilisateurs finaux.

L’introduction de nouveaux opérateurs de satellite, tels que Starlink, et l’assouplissement des règles pour les autres opérateurs, favorisent la concurrence et contribuent à la baisse des prix de l’internet. Autrefois dominé par Telma, le marché des télécommunications est désormais plus ouvert, offrant aux utilisateurs plus de choix à des prix compétitifs.

Des sanctions si…

L’Autorité de Régulation des Technologies de Communication (ARTEC) veille à l’application des prix plafonds et impose des sanctions en cas de non-respect. Le gouvernement est résolu à instaurer un cadre où les consommateurs sont protégés et où l’internet est abordable pour tous.

Frédéric Debord, président du groupement des Télécommunications de Madagascar lors de son discours a mis en lumière le rôle  de la technologie dans le développement de Madagascar. Il a souligné l’importance de créer un climat des affaires favorable et de fournir des outils de communication efficaces aux entreprises et aux ménages.  Le cadre réglementaire en cours de stabilisation apporte de l’espoir pour le secteur a-t-il ajouté.

Internet : faible taux de pénétration

La mise en œuvre de la fibre optique en 2023 marque une avancée significative pour améliorer la connectivité et encourager l’innovation. Cependant, le taux de pénétration des services de télécommunications reste faible. À ce jour,  6 400 000 personnes disposent de l’internet soit  23 % de la population. L’objectif est d’augmenter ce taux à 60 % d’ici 2028. Cependant, le coût d’accès reste un obstacle majeur : l’abonnement à internet coûte en moyenne 32 dollars par mois, ce qui représente 83 % du revenu mensuel moyen des Malgaches.

La couverture du réseau 3G atteint 80 % du territoire. D’ici 2028, il est prévu que la couverture 4G atteigne également 80 %, rendant ainsi l’accès à internet plus accessible pour une plus grande partie de la population. F. Debord a insisté sur la nécessité de diminuer les taxes et les droits de douane pour rendre l’accès à internet plus abordable, en suivant l’exemple des pays d’Afrique de l’Est. Renforcer les compétences numériques des citoyens et accélérer la pénétration de l’internet sont des mesures clés pour réaliser des progrès significatifs.

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Sissie Raveloson