Le paludisme à Madagascar : une crise exacerbée par le changement climatique.

  • 16 mai 2024

Madagascar fait face à une crise sanitaire alarmante, avec une hausse significative des cas de paludisme, passant de 1,7 million en 2022 à 2,8 millions en 2023, dépassant ainsi le seuil épidémique national. Le pays a enregistré 400 décès selon le rapport du ministère de la Santé Publique.

Cette augmentation est particulièrement préoccupante dans le district d’Ikongo, où Médecins Sans Frontières (MSF) lutte contre une double crise de paludisme et de malnutrition. Les enfants de moins de 5 ans, qui représentent environ 7,5 % des cas selon l’USAID, sont les plus vulnérables aux complications. La période de pic de paludisme, s’étendant de novembre à mai, coïncide tragiquement avec la saison des cyclones, rendant les routes impraticables et l’accès aux soins de santé extrêmement difficile.

Le changement climatique joue un rôle central dans cette crise. Madagascar, déjà gravement affecté par des phénomènes météorologiques extrêmes, voit ses infrastructures routières et sa situation nutritionnelle globale fragilisées. Le rapport mondial sur le paludisme de 2023 indique que l’incidence du paludisme et la mortalité qui y est associée ont augmenté de manière significative depuis l’année 2000.

Les variations de température et de précipitations, ainsi que les vagues de chaleur et les inondations, influencent le comportement et la survie du moustique anophèle, vecteur du paludisme, entraînant une transmission accrue de la maladie.

 

Dans des régions comme Ikongo, où le climat tropical humide prévaut, les conséquences du changement climatique sont encore plus désastreuses. Avec des infrastructures limitées et une situation nutritionnelle précaire, les conditions météorologiques extrêmes réduisent considérablement l’accès aux soins, mettant en péril la santé de la population. Les villages, souvent entourés de marais et de rivières, deviennent des zones à haut risque pour la transmission du paludisme.

Les inondations des plantations et des rizières lors de fortes pluies aggravent la malnutrition. Les professionnels de santé locaux constatent une recrudescence des cas de paludisme pendant les saisons de pluie et de cyclones. Depuis son implantation à Ikongo en 2022, MSF, en collaboration avec le ministère de la Santé Publique, a diagnostiqué et traité 2 205 enfants atteints de malnutrition et de paludisme, dont 256 cas pour cette année 2024. Face à l’insécurité alimentaire renforcée par les aléas climatiques et les cyclones, MSF a renforcé ses interventions dans le sud du pays, la région la plus touchée. Actuellement, MSF soutient 7 centres de santé primaire et 2 centres de récupération nutritionnelle intensive dans le diagnostic et la prise en charge des enfants malnutris dans le district d’Ikongo

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