Inégalité de genre : « l’inégalité homme-femme persistera encore 300 ans avec le rythme actuel »

  • 11 mars 2024

La phrase de Lydia Zigomo, directrice régionale du Fonds des nations unies pour la population (UNFPA) pour l’Afrique orientale et australe interpelle et marque les esprits quand elle a prononcé la phrase comme quoi, selon l’estimation au vu de la réalité mondiale, « avec le rythme actuel, l’inégalité du genre persistera encore durant 300 ans et les objectifs d’égalité ne seront pas atteints (…)». L’énoncé a été relevé durant les séries de discours sur le dialogue de haut niveau intitulé « investir pour les femmes, accélérer le rythme » qui s’est tenu ce 11 mars au Calrton Anosy, avec la présence marquante et significative de la première dame, Mialy Rajoelina. Entant que femme engagée dans la lutte contre la violence basée sur le genre, l’épouse d’Andry Rajoelina, a réitéré dans son intervention son engagement à appuyer toute action visant à éradiquer toutes les formes de violence faites aux femmes malagasy qui prend de plus en plus d’ampleur ces derniers temps.

Plusieurs initiatives et leadership venant de l’épouse du président Andry Rajoelina ont été perçus comme un apport précieux dans le renforcement par Madagascar de l’édifice de la prévention, de l’accompagnement et de la prise en charge des femmes victimes de la VBG selon les témoignages prononcés durant l’événement, lui octroyant le titre de « championne en lutte contre le VBG ».

Une autre phrase faisait également figure d’interpellation quand le coordonnateur résident des Nations Unies à Madagascar, Issa Sanogo, fait remarquer que « l’inégalité du genre n’est qu’en fait que la conséquence d’ensemble de déficits sur plusieurs aspects ». Pour en venir à bout, ou du moins réduire l’inégalité, Issa Sanogo insiste dans son appel à « l’action » ; qu’il faut agir et « accélérer les agissements et les financements dans les femmes et pour les femmes dans plusieurs aspects ». La situation requiert selon les remarques et dans une certaine mesure, une révolution dans plusieurs aspects, notamment dans la mentalité et dans l’approche de l’appréhension du genre.

L’objectif principal est inscrit dans l’ODD 5 « réaliser l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ». Les aspects à prioriser pour y parvenir est de faire des investissements ciblés dans l’éducation, la formation et la santé pour que la promotion, l’indépendance et l’autonomisation des femmes et des filles puissent s’amorcer et se concrétiser.

La première dame reconnaît que le chemin de l’investissement dans le genre est encore loin. Selon l’enquête EPM 2021-2022, en 2021, 23,5% des Malagasy sont analphabètes. Une proportion importante de cet analphabétisme est surtout observée chez les femmes adultes (âgées de 15 à 49 ans) selon la Banque mondiale Madagascar dans son article intitulé « libérer le potentiel des femmes à Madagascar », et que » les femmes malagasy sont également confrontées à des difficultés d’accès aux services de santé maternelle, sexuelle et reproductive (…) ».

Le coordonnateur résident des nations Unies a profité de l’occasion pour expliquer les grandes lignes de la nouvelle initiative Spotlight 2.0, « ne laisser personne pour compte », visant à éliminer les violences à l’égard des femmes et des filles qui est une initiative mondiale des Nations Unies en partenariat avec l’Union européenne et d’autres partenaires.

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Haga Rajaonaly