Dernier jour de la session parlementaire : suspens, brouillards, opacité, mutisme

  • 1 juillet 2023

Le dernier jour de la session parlementaire au niveau de l’Assemblée nationale a été mêlé de suspens, de brouillards, d’opacité et de mutisme.

Avant la clôture définitive de la session, trois motions ont été effectuées et bouclées. Dans la foulée du vote du représentant au titre de la chambre basse auprès de l’HCDDED, de l’adoption des dossiers de mis en accusation auprès de la Haute cour de justice, le dernier jour fut également le vote décisif pour statuer le sort des 3 membres du bureau permanent : Brunel Razafitsiandraofa (vice-président Fianarantsoa)Jean Jacques Rabenirina (vice-président Toliara) et de Mamy Rabenirina (3e Questeur) ; et du président de la commission des ressources stratégiques, Ahmad Amad.

Les trois premiers ont été épargnés de leur déchéance pour cause d’insuffisance de voix lors des votes. Pour évincer un membre du bureau permanent, le règlement intérieur dispose qu’il faut au moins les 2/3 des voix, soit 101 voix, alors que le VP de Fianarantsoa a récolté 78 oui contre 38 non ; le VP de Toliara a récolté 88 voix oui/ 31 non ; le Questeur 3, 89 oui / 31 non. Cette disposition ne s’applique pas par contre aux présidents de commission. 76 voix (majorité) suffisent pour leurs déchéances. Le député Ahmad Amad en a récolté 91 oui/ 24 non.

124 députés ont répondu présent et ont tous voté lors de cet ultime vote. Un nombre que certains députés commentent et se demandent « pourquoi une telle marque de présence quand il faut tacler leurs paires alors que dans les adoptions des lois, la moyenne se situe entre 13 et 16 députés présents, et le pic de participation ne dépasse pas les 40 députés ».

Le suspens a débuté lors de la date de la tenue de la rencontre avec les membres du gouvernement, le 29 juin. Au bout de quelques heures d’attente, la rencontre n’a finalement pas eu lieu : la consigne venait des députés eux même selon le ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement, Lalatiana Rakotondrazafy

Du 29 au 30 juin, aucune information concrète et officielle n’a pu filtrer. Des vagues et des séries de réunions en coulisses fusent un peu partout dans les locaux de l’institution parlementaire. La salle de séance plénière a été maintes fois abandonnée. Les débats se font en catimini et entre clans. Certains députés se disent eux même être dans le brouillard total.

 

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Mahandry