CESC Madagascar : sa mise en place tarde, les acteurs s’impatientent.

  • 3 mai 2024

La pertinence et la portée de cette structure ne sont plus à convaincre, dont la principale mission et rôle est de participer activement, de manière participative et inclusive dans la politique publique au bénéfice et l’intérêt des citoyens. Toutefois, la volonté d’avancer vers sa mise en place est bloquée et son effectivité doit être traduite et instaurée par une loi organique.

Le Conseil économique, social et culturel de Madagascar (CESC) est inscrit dans l’article 105 de la constitution, et est consigné  comme étant une nouvelle institution émergente et acquiert le même titre et la même valeur que la HCDDED, le CNIDH, la CENI et le CFM.  Le CESC, troisième assemblée dans la constitution de la République de Madagascar, est un espace essentiel entre l’État et les acteurs non-étatiques pour des échanges et des dialogues éclairés sur les politiques publiques. Il assure les liens entre les pouvoirs publics et les citoyens en donnant des avis consultatifs pour le gouvernement et le parlement dans l’élaboration des lois et des politiques publiques, tout en favorisant le dialogue social et la participation citoyenne.

Sa mise en place tarde  malgré les avancées, émaillées de plusieurs initiatives et lobbying des principaux acteurs tels que les confédérations des syndicats malagasy, les secteurs privés et les organisations de la société civile. Pour pouvoir accélérer le rythme, ces acteurs ont  fait appel à leurs pairs africains, pour  partager, donner des éclairages et des meilleures orientations à prendre pour que le CESC de Madagascar puisse voir effectivement le jour prochainement. Les partages se sont déroulés dans la salle de  réunion du ministère des affaires étrangère malagasy et parrainé par le ministère.

 

Les secrétaires généraux de son équivalent au Maroc, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) du Maroc et celui de l’Union des conseils économiques et sociaux et institutions similaires d’Afrique (UCESA) ont répondus à l’appel afin de partager les expériences qu’ont vécus ces deux conseils dans leur pré-installation définitive, mais surtout les résultats, les valeurs ajoutées et les avancés qu’ont apporté la structure après sa formalisation et son opérationnalisation dans les pays dotés, à l’instar du Maroc et des 20 autres pays africains déjà dotés de leur Conseil.

Leurs  partages et les échanges se résument par la persévérance dans les lobbyings malgré  les embûches, mais surtout être  crédible, objective et indépendant dans les  actions. La vision d’instaurer au Maroc un Conseil économique et social est né dans les années 92-93, mais elle n’a  été instauré  formellement qu’en 2011, après être apposée précédemment dans la constitution marocaine le 29 juillet 2011. Celle de Madagascar est née de l’initiative du SIM, des OSC(s) et des syndicats en 2010-2011. Depuis le CESE du Maroc s’est brillé dans des recommandations positives au profit de la politique publique marocaine. Le mot de satisfaction du Roi  Mohammed VI des services et des expertises du CESE a été même projeté et mis à la connaissance des parties malagasy afin de convaincre les malagasy de la nécessité d’un conseil économique et social.

Les partages du secrétaire général de l’UCESA, Hachim El Ayoub, ont été focalisés sur les attributs,  avantages et les perspectives sur le plan régional, national et international d’adhérer et de rejoindre  l’Union des conseils  économiques et sociaux et institutions similaires d’Afrique. Les ouvertures aux partenariats  et des soutiens des PTF sembleraient étonnants et largement  bénéfiques, car l’Union est  au service du panafricanisme et du peuple africains. Le défi lié aux effets et aux impacts du changement climatique en est un des résultats de recherche suivi de recommandation que l’UCESA a mis en exergue lors des COP 27 et 28.

L’appui institutionnel aux processus de la mise en place du CESC Madagascar a  été solennellement  exprimé par  le  secrétaire général du MAE, chargé de représenter la ministre Rafaravavy Tafika, parlant  de vouloir renforcer la bonne gouvernance à Madagascar, invitant  les  acteurs à se mobiliser davantage et à poursuivre l’élan de collaboration en place. Cet atelier marque ainsi une étape importante dans ce processus de mise en place du CESC étant donné que les efforts déployés en ce sens depuis 2010, à travers des consultations menées auprès de différents acteurs de la société, n’ont pas abouti.

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Haga Rajaonaly