Célébration du nouvel an malagasy : retour et ancrage d’une tradition purificatrice pour les malagasy

  • 10 mars 2024

Célébrée cette année du 10 au 11 mars 2024, le nouvel an malagasy est considéré par les malagasy comme un moment culte ancestral, où chaque individu se purifie par les éléments tels que l’air, l’eau, la terre, et le feu. Plusieurs symboles et rites sacrés ornent l’événement qui est sacralisé, conservé et perpétués par les détenteurs des traditions, mais également et  surtout par les natifs. Ces dernières années, le retour de la purification ou « fidiovana » en malagasy, a été au fur  et  à mesure observé dans la société et la communauté malagasy. Le parrainage institutionnel de la célébration de cette année 2024, à travers le ministère chargé de la culture, figure un signal fort du début de son ancrage dans le cœur, dans les esprits et surtout dans les mœurs malagasy.

Ces dernières années, le retour de la célébration du nouvel an malagasy a gagné petit à petit de l’ampleur. Elle fut auparavant un sujet de désaccord entre les érudits et gardiens de la tradition, notamment concernant la fixation de la date exacte durant laquelle elle devait se tenir. Cependant, une entente et une fraternisation pour célébrer le nouvel an malagasy au début de la période de la fin des saisons de pluies ou « fararano » ont été  consenties mutuellement.

La célébration par les malagasy de la fin de l’année précédente et l’avènement de celle qui succède et se renouvelle se déroule en deux jours. La veille, pour cette année marquée le 10 mars, la célébration débute par des fêtes, des chants et danses et des spectacles durant la journée.

Vers la fin de la journée, à la fin du crépuscule, commencent les rituels sacrés, tels qu’ils ont été vécus jadis et maintenus par la nouvelle génération. Ceci commence par le partage, la transmission et le relais du « feu céleste qui ne s’éteint jamais » ou le feu sacré, symbole  de la lumière et de la chaleur d’Andriamanitra Andriananahary, le Dieu créateur et bienfaiteur. Les malagasy se munirent de bougies ou de lampions pour en jouir. Le rite du feu sacré est suivi de la distribution de l’eau purificatrice, préparée avec des plantes contre les mauvais sorts, mais surtout bénie par les gardiens et qui est considérée comme un talisman protecteur.

Le jour qui succède, les rituels sont entamés par le sacrifice de zébu, symbole sacré et dévouement, rehaussé d’une prière pour vénérer  Andriamanitra Andriananahary, suivi du rituel du riz, cuit dans le lait et versé de miel, le tout ponctué par la bénédiction par l’eau, en malagasy « Fitsofandrano ou fafirano » pour que l’année soit bénie et prospère. La célébration du nouvel an malagasy est alors clôturée par le fameux duel des « hira gasy », durant laquelle les joutes des paroles sont à la fois ludiques, philosophiques et divertissantes.

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Haga Rajaonaly