La Banque mondiale plaide des réformes plus adaptées et plus efficaces de l’éducation à Madagascar

  • 4 mars 2024

Les réformes que ce bailleur requiert sont l’adaptation réelle de la politique publique avec la réalité de la scolarisation, de l’apprentissage et de l’alphabétisation qui prévaut à Madagascar. La première sonnette d’alarme formulée par la Banque mondiale à Madagascar remonte en 2022 quand l’ancien représentant de cette institution à Madagascar, Marie-Chantal Uwanyiligira, dénonce “la pauvreté de l’apprentissage” dans la Grande île, mentionnant les difficultés aux enfants ayant terminé la classe de premier cycle primaire à lire, à écrire et à calculer. En 2019, la Banque mondiale a déjà observé à travers les enquêtes menées avec l’INSTAT que 97% des enfants malagasy âgés de 10 ans étaient considérés comme « pauvres en apprentissage », ne pouvaient pas lire et comprendre un texte simple.

La proportion d’analphabétisme de Madagascar (97%) serait la plus élevée en Afrique Subsaharienne selon la Banque mondiale qui à un taux moyen de 87% et 90% dans les pays à faible revenu. La situation n’a guère amélioré au fil des années depuis 2019, en appelant Madagascar à des réformes adéquats et de relever la pente de l’éducation, en termes d’accès, de qualité, de résultat et de pérennisation afin que « le système éducatif malagasy ait un moyen suffisant pour équiper les jeunes de compétences nécessaires dont ils ont besoin et devenir plus tard productif ».

Selon l’enquête permanente auprès des ménages EPM 2021-2022, incluant dans l’enquête les résultats de l’année scolaire 2019-2020 et celle de 2020-2021, 23,5% des Malagasy sont analphabètes en 2021. La disparité d’analphabétisme entre les pauvres et les riches est nettement visible avec une prévalence de 48% chez les pauvres contre 9,7% chez les riches. L’enquête EPM révèle toujours que le taux net de scolarisation à Madagascar atteint 70,6% pour l’enseignement primaire, 28,3% pour le premier cycle du secondaire, et 13,1% pour le second cycle du secondaire. 46% terminent le cycle secondaire contre 17% ayant achevé les études supérieures.

Selon l’EPM, le taux de redoublement du primaire est de 15,5% et celui du secondaire du premier cycle est de 7,2%. Cependant, selon l’évaluation de la Banque mondiale, les enfants ayant terminé l’école primaire manquent encore de compétences de base, avec seulement 17,5% d’entre eux ayant seulement la maîtrise adéquate en littérature et 21,6% ayant la capacité de comprendre et d’utiliser ce qu’ils ont appris.
La Banque mondiale affirme par ailleurs que « la situation est particulièrement préoccupante pour les filles. Même si plus de filles terminent l’école élémentaire que de garçons, la pauvreté et les inégalités de genre les empêchent souvent de poursuivre leur éducation au secondaire, et beaucoup sont forcées de travailler ou de se marier et de tomber enceintes à un jeune âge.

Le cycle de pauvreté à Madagascar est étroitement lié à l’appauvrissement de l’éducation affirme la Banque mondiale. Que « le faible niveau d’éducation des jeunes contribue à la perpétuation de la pauvreté, favorise la pression démographique urbaine, le manque d’opportunités d’emploi productif, la corruption généralisée et l’isolement des communautés rurales ». Ajoutant que « ces problèmes semblent être interconnectés et participent à entraver le développement et à aggraver la situation économique du pays ».
L’adéquation des réformes sollicitée par la banque mondiale porte sur des investissements, des initiatives, des volontés et des décisions sur les appuis aux enseignants et aux programmes éducatifs ainsi que la mise en considération du calendrier scolaire dont son reproduction à tort avec celui de l’Europe serait un obstacle et favorise l’abandon en période de pluie et de récolte et augmente l’absentéisme des enseignants durant la période cyclonique.

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Haga Rajaonaly